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L'hypnose et le rêve
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Introduction |
Introduction |
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L'hypnose et le rêve sont deux activités du cerveau qui existent depuis des siècles. On trouve de nombreuses cultures différentes qui pratiquaient (et pratiquent encore) des rites basés exclusivement sur ces phénomènes. Evidemment, de telles cérémonies ont toujours pour cadre la religion, et les pratiques reposant sur l'hypnose ou l'interprétation des rêves sont laissées à l'entière responsabilité d'un gourou, qui a une fonction religieuse. Or, si l'on a la même activité inconsciente depuis que l'homme existe, celui-ci n'a jamais pu trouver une explication rationnelle, malgré la connaissance approfondie que l'on commence à avoir sur l'hypnose et sur le rêve.
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I L'hypnose |
1) Historique de l'hypnose |
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1. Qu'est-ce que l'hypnose ? L'hypnose n'est considérée comme une science que depuis quelques dizaines d'années, bien qu'elle reste pour beaucoup une pratique mystérieuse empreinte de sorcellerie. Au cours des siècles, on a pu noter une évolution sur la terminologie de cette pratique. Au début, on parlait de magnétisme, ses résultats attirèrent l'attention de la communauté scientifique, ce qui conduisit au terme que l'on utilise actuellement, "hypnose" qui laisse lui-même place, aujourd'hui, à celui de "sophrologie".
2. Histoire de l'hypnose Dans l'antiquité en Grèce, en Egypte ou dans la Rome antique, les anciens effectuaient couramment des actes de guérison en utilisant des pratiques très proches de l'hypnose. On retrouve des pratiques similaires aux quatre coins du monde depuis le début de l'humanité, des "chamans" de l'Asie aux sorciers africains. En Occident, c'est la science qui prévalut et avec son expansion on assista à un développement de ces techniques malgré les réticences de l'église qui s'opposait à toute pratique proche de la sorcellerie.
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2) Les généralités de l'hypnose |
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1. Qui est hypnotiseur ? Il faut bien savoir qu'un hypnotiseur ne possède aucun pouvoir spécial. Même s'il est fréquent d'entendre des gens affirmer qu'ils ont vu les yeux de l'hypnotiseur tourner, il ne faut voir ici que des manifestations de leur imagination. Ce n'est pour la plupart des cas que la manifestation de la fascination qu'exerce tout phénomène "magique" sur l'homme. Et l'hypnose, malgré nos efforts de rationalisation, fait resurgir de l'inconscient cette fascination issue de l'enfance. De nos jours, les hypnotiseurs sont plus souvent des médecins, ce qui prouve que l'hypnose n'est pas un don, mais bien le résultat de l'apprentissage d'une technique. 2. Tout le monde peut-il être hypnotisé ?
C'est la question la plus importante. Car les deux extrêmes existent: il y a les sujets facilement hypnotisables et ceux qui sont plus récalcitrants. D'après les différentes études et expériences menées à ce sujet, les personnes les plus facilement hypnotisables sont la plupart du temps des personnes équilibrées, c'est-à-dire relativement stables et bien intégrées. Ceci implique que les névrosés sont plus difficilement hypnotisables. Et parmi les névrosés, les hystériques sont les plus résistants. On peut donc définir le profil des personnes facilement hypnotisables:
3. L'hypnose est-elle dangereuse ?
L'hypnose n'est pas une pratique dangereuse dans la plupart des cas. Toutefois, une personne en mauvais équilibre psychique peut difficilement entrer dans cet état et si elle le faisait, elle pourrait courir quelques risques. Car cette personne fragile psychologiquement peut faire passer de l'inconscient au conscient des choses qu'elle supporterait mal.
4. La transe hypnotique
L'état dans lequel se trouve une personne hypnotisée se nomme transe hypnotique. Ce mot ne signifie pas que le sujet entre dans un état second, mais il parvient à augmenter considérablement son degré de concentration. Il sera donc possible à ce patient de se concentrer sur ce qui lui est demandé et rien d'autre ne pourra le perturber, même pas des bruits extérieurs. On peut croire qu'il existe une contradiction entre la relaxation et la concentration car, pour beaucoup de gens, ces deux termes s'opposent. Il n'en est rien, en effet la concentration n'est pas le résultat d'une forte tension comme on pourrait le croire, mais le résultat d'une grande relaxation.
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3) Les méthodes |
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1. L'induction L'induction est la première phase de l'hypnose, elle est purement physique. En effet, l'induction doit agir sur le physique du sujet, en prenant en compte la relaxation du corps et la détente musculaire. Pour y parvenir, il existe beaucoup de méthodes, nous allons en voir quelques unes. 1.1 Les méthodes de fixations
La méthode de fixation est un procédé d'induction assez efficace. La fixation du regard sur un point fixe, de préférence dans une position fatigante pour les yeux, va rapidement entraîner une fatigue oculaire. A mesure que la vision devient floue et que la fatigue s'accroît, la vigilance du sujet diminue et sa concentration augmente. Il faut préciser que cette méthode peut être employée avec un stimulus visuel, mais aussi auditif, ou bien les deux à la fois. On peut apparenter cette méthode à des événements de la vie de tous les jours, comme la voix monotone du conférencier qui endort son audience ou les sons lancinants des musiques de tribus indigènes avec leur tam-tam utilisé pour induire la transe.
1.2 Méthodes dites actives
Ces autres méthodes qui n'utilisent pas la fixation font appel à une participation active du patient. On demande d'effectuer certains gestes ou mouvements, qui répétés de façon rythmique et régulière, vont entraîner une certaine fatigue musculaire et donc faciliter l'induction.
1.3 Méthode sans préparation physique
Ces méthodes s'appliquent aux personnes qui n'ont pas besoin de phase de relaxation ou bien qui sont très entraînées à l'hypnose. Elle leur permet d'entrer très rapidement en état hypnotique.
2. L'approfondissement de la transe
Après l'induction, le sujet va se trouver dans un état de repos et d'immobilité (état hypnoïde). A partir de ce moment l'hypnotiseur va pouvoir approfondir la transe en déclenchant des symptômes tels que la catalepsie des yeux, des membres, l'anesthésie, ou bien l'amnésie. Pour y parvenir il existe là aussi différentes méthodes, voici quelques symptômes qui peuvent être commandés.
3. Le réveil Une fois la séance terminée, il va falloir ramener le sujet à son état normal, c'est la phase de réveil. Il ne s'agit pas réellement d'un réveil, mais d'une sortie de l'état hypnoïde. Pour ce faire, l'hypnotiseur va suggérer certaines choses. Il est important de le faire doucement, on lui indique qu'il va se réveiller; puis on annule toutes les suggestions faites pendant la séance (Il est très important de le faire). Il faut savoir qu'il est impossible de ne pas se réveiller, même si parfois cela peut être très long et se transformer en sommeil normal. |
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4) Les applications |
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Elles sont nombreuses, mais essentiellement à but thérapeutique; par exemple, en 1949, Messmer redonne la vue à un aveugle et la première opération sous hypnose a lieu en 1845. La France accuse un certain retard en matière d'hypnose en raison d'un scepticisme excessif, mais beaucoup de pays la pratiquent. Parmi ses multiples usages, l'hypnose trouve sa place la plus importante dans les domaines psychologiques avec, notamment, l'hypno-analyse. 1. Hypno-analyse C'est une pratique identique à celle de l'analyse psychiatrique classique, mais ici les barrières et les blocages du subconscient n'apparaissent plus. On peut donc obtenir des résultats beaucoup plus rapides (une séance d'hypno-analyse peut avoir les mêmes résultats que plusieurs semaines de travail par analyse classique). 2. Ecriture automatique Le patient écrit sous hypnose un texte en rapport avec ses problèmes. Puis on lui demande de l'expliquer sous hypnose ou non. Cette méthode permet de laisser l'inconscient s'exprimer, ainsi on peut voir apparaître les problèmes de fond et le traitement par l'analyse simple s'en trouve donc simplifié. 3. Régression Elle permet de revivre une situation du passé, ainsi tous les événements refoulés vont réapparaître et enfin pouvoir s'exprimer. On pourra donc agir sur ces événements qui sont négatifs et qui continuent d'agir sur le patient. Ces événements sont dits non terminés, car ils agissent sur l'inconscient, le médecin hypnotiseur pourra donc terminer ces événements en revenant au moment où ils ont commencé. Cette application est, toutefois, réservée aux très bons hypnotiseurs. 4. Thérapeutiques psychiatriques L'hypnose est très efficace pour traiter les névroses simples comme la paralysie, le bégaiement ou bien l'amnésie. Dans certains cas, on peut soigner les névroses d'angoisse en déterminant d'où vient cette angoisse. Dans le cas d'une phobie, l'hypnose n'est pas très efficace, elle permet, quelquefois, de trouver les raisons à la phobie et donc d'employer un traitement efficace. Il existe certaines maladies psychiatriques qu'il est impossible de soigner par hypnose, comme la psychose (à cause du changement de personnalité) ou bien la schizophrénie pour laquelle l'hypnose est fortement déconseillée, car elle pourrait aggraver l'état du patient. 5. Autres applications Les maladies dites psychosomatiques (maladies engendrées par le stress de la vie moderne) sont très bien soignées par l'hypnose et même beaucoup mieux que par les médicaments, car l'hypnose permet de décontracter le patient et d'éliminer son stress. Les effets des maladies psychosomatiques sont la fatigue (première cause de souffrance des Français), l'insomnie, la nervosité ou bien encore la contrariété qui peut se traduire par des troubles digestifs (ulcère). En Europe, ces maladies sont prédominantes et on voit, petit à petit, apparaître une technique proche de l'hypnose qui se nomme la sophrologie qui permet d'élimer ces problèmes par le biais d'une grande relaxation. |
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II Le rêve |
1) Comment fonctionne-t-il ? |
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1. Place du rêve dans la société Depuis toujours, les peuplades humaines rêvent, on le sait. Mais, suivant les cultures et suivant les époques, on a plus ou moins prêté attention à cette partie de nous qui reste secrète. Pour les peuples "primitifs", ils ont souvent été pris au sérieux, pouvant révéler des avertissements. Délaissés ces derniers siècles dans notre population "civilisée", on a cru qu'il n'y avait que deux états du cerveau : l'éveil (activité) et le sommeil (l'inactivité). Il y a 60 ans seulement, la science commençait à étudier en détail ce grand mystère qui attise la curiosité des plus grands chercheurs actuels. 2. Apport de la science pour comprendre le rêve L'invention de l'électroencéphalogramme (E.E.G.) a permis de découvrir que, durant le sommeil, il y a des phases d'intense activité cérébrale. De plus, pendant cette période, il y a de forts mouvements oculaires de gauche à droite, d'où le nom de "Rapid Eye Movement" ou "REM". De nombreuses expériences montrent que c'est dans cette phase que les rêves se créent : en réveillant un dormeur à ce moment, on s'aperçoit qu'il se souvient très bien de son (ou ses) rêve(s). Un des grands chercheurs en onirologie (et aussi en neurobiologie), Michel Jouvet, a découvert que le rêve s'accompagne d'une activité physique nulle, en contradiction avec une activité mentale qui réclame beaucoup d'énergie (d'où le terme souvent employé de "sommeil paradoxal"). 3. Structure du sommeil
L'analyse d'une nuit de sommeil avec l'E.E.G. nous a montré que le rêve n'apparaît pas d'une façon aléatoire dans la nuit. Tout est bien structuré en 4 phases, l'éveil étant caractérisé par des ondes bêta :
4. Recherches en cours
Grâce à l'E.G.G., on a aussi vu que les rêves pouvaient durer plusieurs minutes, contrairement à ce que l'on entend dire comme quoi ils ne dureraient que quelques dixièmes de secondes. Une autre constatation est que les animaux qui rêvent sont les animaux dont la température du corps est constante et indépendante de leur environnement; espérons que ces observations serviront à mieux connaître notre activité onirique quotidienne.
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2) Le rêve lucide |
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1. Une histoire déjà ancienne... En effet, Stephen LaBerge s'est consacré à l'étude scientifique des rêves lucides dès 1977. Mais avant, les Tibétains, avec le yoga de l'état de rêve, ont déjà essayé de contrôler les rêves et, plus récemment, on peut se demander dans quelle mesure l'autohypnose est proche du rêve éveillé. 2. Expériences du marquis d'Hervey de Saint-Denys Les travaux du marquis d'Hervey de Saint-Denys, vers 1860, ont fait avancer notre compréhension du rêve, alors que son époque ne "produisait" que des matérialistes qui pensaient que le rêve était dû à des troubles psychologiques. Ses multiples expériences reposent sur des souvenirs émotionnels très liés aux sens. Ainsi, Hervey de Saint-Denys a beaucoup utilisé le sens auditif et le sens olfactif. Par exemple, pendant des vacances paisibles dans l'Ardèche, le marquis respirait toujours le même parfum déposé sur un mouchoir. Quand il rentre chez lui, à Paris, il met dans une boite le mouchoir, et ne se sert plus de ce parfum, durant des mois. Un jour, il dit à son valet de choisir un jour au hasard pour déposer du parfum sur son oreiller pendant son sommeil. Et la nuit où le valet le fait, le marquis rêve alors de châtaigniers, de montagnes, et de la roche de basalte de sa région de vacances. Aussi, ce rêve, s'il n'est pas lucide prouve que l'on peut modifier le comportement du rêve par des agents extérieurs. 3. Découvertes de Stephen LaBerge Ce qu'a inventé Stephen LaBerge va beaucoup plus loin : grâce à des techniques, on peut être conscient de son état onirique et agir comme on l'entend. L'E.E.G. est formel : cet état de sommeil reste bien la phase de sommeil paradoxal. Il ne s'agit pas de l'état de sommeil léger que tout le monde peut expérimenter. De plus, l'hypothèse concernant d'éventuels micro-réveils est, elle aussi, écartée car un rêve lucide pouvant durer une demi-heure, l'E.E.G. montre toujours des ondes alpha, caractéristiques de la période où se situe le rêve. Daryl Hewitt, qui fait des expériences au Lucidity Institute de Palo Alto en Californie, dit avoir déjà eu des rêves lucides depuis ses 18 ans. Et c'est depuis qu'il travaille avec Stephen LaBerge, qu'il arrive à les provoquer. Mais quelles sont les techniques employées? 4. Voyage dans un rêve lucide Dans un laboratoire, on relie l'"onironaute" ("voyageur dans les rêves") à un polygraphe, qui enregistre l'activité du cerveau. Quand le dormeur entre en état de sommeil paradoxal, il reçoit un signal discret, que ce soit une impulsion lumineuse envoyée avec des lunettes, ou un simple son, ce signal doit attirer l'attention de "l'onironaute" tout en ne le réveillant pas. D'après les études concernant le sommeil en phase REM, Stephen LaBerge a compris que l'on pouvait bouger facilement les yeux tout en étant endormi, il a alors convenu avec l'onironaute d'un dialogue possible en faisant des mouvements oculaires verticaux (par exemple, en morse). En réponse au signal reçu, le dormeur peut ainsi communiquer avec les chercheurs. Il devient à la fois acteur de ses propres rêves et cobaye pour des expériences qui risquent d'apporter beaucoup à la science et à l'homme. En effet, on comprend aisément les implications de telles expériences avec la science. 5. Utilités du rêve lucide Les possibilités sont extrêmement variées : les rêves lucides permettent de faire des choses "virtuellement", comme si on les vivait réellement. Ils ont, en fait, le même but que la fameuse "réalité virtuelle", technique créée par l'ordinateur qui permet une "immersion" complète dans un monde qui peut être idéal. Dans une certaine mesure aussi, ils ressemblent, par leurs effets, à ces drogues chimiques qui satisfont tous les désirs de l'homme. Pourtant, bien que danger il puisse y avoir, les rêves lucides peuvent servir à des choses plus utiles : apprendre une langue étrangère par exemple, en récitant de nombreuses fois les mots nouveaux, on peut aussi surmonter des cauchemars fréquents qui nous taraudent. Et la création artistique pourrait en tirer un grand profit, quand on pense à ce que disait Frederik Van Eeden en 1913 : "Mon imagination n'aurait jamais été capable d'inventer ou de créer une image aussi complexe que celle de la perspective changeante de petites branches que je voyais quand je volais". D'après des psychologues américains, des personnes qui font souvent des rêves conscients sont plus équilibrées et indépendantes que les autres. Et comme l'a dit le maître soufi Ibn el-Arabi au XIIème siècle, "L'individu doit pouvoir contrôler ses pensées alors qu'il rêve. L'exercice de cette vigilance [...] rapportera de grands bénéfices à l'individu." Mais on ne sait toujours pas pourquoi on rêve, bien qu'on essaye d'utiliser le rêve à bon escient. |
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3) Pourquoi le sommeil et pourquoi le rêve ? |
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1. Interprétations scientifiques 1.1 Hypothèse de Francis Crick Selon Francis Crick, prix Nobel de médecine (c'est le co-inventeur de la double hélice de l'ADN), le cerveau est construit comme un super-ordinateur. Ce chercheur, dont le matérialisme est si grand, va même penser que le cerveau agit comme un ordinateur; il a donc des places de mémoires limitées qui s'effacent durant le sommeil. Ainsi, c'est l'hypothèse du "rêve-oubli". Mais elle n'est pas convaincante à bien des égards, car, entre autres, des expériences ont montré que le dauphin n'a pas de sommeil paradoxal et pourtant il a un cortex cérébral presque aussi gros que celui de l'homme. 1.2 Hypothèse de Michel Jouvet Pour Michel Jouvet, qui a sérieusement étudié les rêves, l'activité onirique sert à une reprogrammation génétique de l'individu et à une mémorisation de nos attitudes quotidiennes. Les expériences troublantes concernant des jumeaux séparés dès la naissance ont montré qu'ils avaient des points communs concernant certaines caractéristiques intellectuelles. Cela pourrait donc appuyer la thèse de Jouvet, qui explique que le rêve servirait à reprogrammer l'identité personnelle. De surcroît, il est prouvé que les rêves accélèrent la fixation des souvenirs : des observations sur des souris ont montré que des souris "normales" (qui ont un sommeil paradoxal) apprennent plus vite un circuit dans un labyrinthe que des souris qu'on a privées de sommeil paradoxal; de même, des animaux sans activité onirique n'apprennent jamais rien (par exemple, les poissons). Michel Jouvet s'est toujours appuyé sur la neurologie : cette science, tout de même assez récente, s'implante de plus en plus, car elle permet de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau. 1.3 Expériences en neurologie Par ailleurs, la neurologie a fait des progrès énormes durant ces dernières années, notamment concernant les fonctions du cerveau. Avant la fin du XVIIIème siècle, personne ne s'y intéressait, certainement parce qu'il était considéré comme trop compliqué. Et un jour, un médecin germano-autrichien, Gall, a commencé cette recherche fabuleuse sur la conscience de l'homme. Evidemment, ses recherches ont conduit à peu de choses : il croyait qu'il y avait une relation directe entre les bosses du cerveau et l'intelligence. La neurologie nous a permis de mieux comprendre le cerveau : les maladies "mentales" sont des maladies neurologiques qui sont dues à une mauvaise communication entre les neurones. On a pu également comprendre un peu mieux le rôle de certaines parties du cerveau : l'hémisphère droit du cerveau gère toute la partie du corps à gauche, et l'hémisphère gauche, la partie droite. Mais plus que cela, Roger Sperry, prix Nobel de physiologie-médecine en 1981, a fait des opérations chirurgicales pour couper les fibres nerveuses reliant les deux hémisphères. Les "split-brain" ou "cerveau-coupé", grâce à leur comportement particulier, ont mis en évidence des résultats impressionnants : le cerveau gauche est "linéaire" et sert pour le calcul, la logique, le langage, et le cerveau droit est "spatial" et sert pour la musique, la reconnaissance de formes, l'imagination, les émotions, les sentiments. Or les neurologues, se penchant sur le rêve, ont observé que, durant le sommeil paradoxal, les connexions entre cerveau gauche et cerveau droit étaient coupées. Mais les recherches en sont là et on ne peut élaborer d'autres hypothèses scientifiques sans preuves. C'est pour cette raison que l'on va se tourner vers l'analyse que proposent les psychologues. 2. Interprétations psychanalytiques 2.1 Début de la psychanalyse : analyse freudienne Face aux questions - sans réponses catégoriques de la part des scientifiques, surtout vers le début du XXème siècle - que le rêve engendre, les psychanalystes commencèrent à proposer des réponses. Le précurseur de la psychanalyse est Sigmund Freud, qui a mis au goût du jour l'interprétation des rêves. Ceux-ci étaient considérés comme incompréhensibles et sans intérêt. Freud est le premier à considérer l'inconscient (tout ce que le conscient ne peut contrôler). Pour lui, l'inconscient est le siège des désirs refoulés par la conscience et, pour lui, "le désir représenté dans le rêve est nécessairement infantile". Pour expliquer l'aspect désordonné et décousu du rêve, Freud croit à une censure du conscient qui force l'inconscient à choisir une apparence moins rationnelle pour exprimer une idée dans un rêve. La technique de la métaphore est souvent utilisée. Dans une première approche, il veut établir des règles d'interprétation des rêves pour essayer de guérir ses malades, tels des névrosés. Ensuite, on pourra peut-être mieux expliquer le psychisme de l'homme grâce à ses études. Il y a toutefois un reproche qu'on peut lui faire : son interprétation des rêves se sert des éléments des rêves comme s'ils étaient indépendants entre eux; on peut alors trouver des désirs inavouables dans n'importe quel symbole, même si les associations d'idées sont très éloignées. De plus, restreindre l'interprétation des rêves à cette seule fin est tout de même bien abusif. 2.2 Analyse jungienne
On comprend alors pourquoi Carl Gustav Jung, ancien disciple de Freud, proposa une autre analyse, différente de celle de Freud. Freud a eu un grand impact : pionnier en la matière, il présenta une hypothèse séduisante et qui marchait pour tous les rêves. Mais justement, c'est à ce niveau que Jung s'oppose à Freud. De nombreux patients de Jung lui ont permis d'étudier en détail l'inconscient. Et il a alors considéré l'inconscient comme une force puissante et bénéfique. Il peut nous révéler nos défauts et nos qualités, ce qui permet d'en prendre conscience et d'agir ainsi en conséquence. Le rêve nous montre aussi des archétypes, modèles idéaux qui transcendent l'homme, et qui ne dépendent ni du temps ni de l'espace. Ceci est expliqué par des études comparatives entre différents peuples.
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III Déséquilibre entre conscient et inconscient |
1) Explications du malaise actuel |
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1. Hier : espoirs en la science
Tout d'abord, il est indéniable que, durant ces dernières décennies, la science a progressé d'une façon admirable et à une vitesse surprenante. Ce siècle, avec l'arrivée de nouvelles technologies, a changé les modes de vie des pays qui ont subi cette révolution industrielle. Mais plus qu'un changement, la "tempête scientifique" a bouleversé le monde en balayant du même coup les interrogations des gens sur les problèmes d'éthique et leurs interrogations philosophiques. On se disait : "La science arrive avec ses nombreuses découvertes. Attendons, et nous pourrons tout savoir.".
2. Aujourd'hui : perte des repères Après de tels "progrès", on arrive, cependant, à des frontières : la Vérité ne peut être révélée par les seuls des analyses scientifiques. Et on s'aperçoit, maintenant, que l'Esprit Rationnel n'est pas Dieu : il n'a pas fait le monde. La société dans laquelle nous vivons s'est basée sur elle, et, malheureusement, presque exclusivement. Alors, pouvons-nous nous étonner des grandes crises économiques actuelles? Puisque l'argent est devenu, avec le pouvoir, le plus grand des désirs de l'homme moderne (en généralisant abusivement...), celui-ci s'est rattaché à ces valeurs factices, créées par l'esprit cartésien. Désormais, on voit de nombreuses personnes qui n'y attachent plus d'importance : la recrudescence des suicides en est une des plus flagrantes preuves. Mais à quelles valeurs peut-on alors se rattacher? |
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2) Remèdes |
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1. Réunion de l'interprétation des 2 cerveaux et de l'interprétation jungienne Ce qui est étrange, c'est de voir une prise de position analogue de la part du professeur Israël, célèbre cancérologue, et de Jung, psychiatre. Comment, en effet, est-ce possible qu'un scientifique, se basant sur les dernières recherches concernant l'étude de notre cerveau, et qu'un psychiatre trouvent la cause du mal de notre siècle? Pour le Pr Israël, l'hémisphère gauche, rationnel, a été trop sollicité par rapport à l'autre hémisphère. Il y a donc eu une atrophie de la partie du cerveau qui est plus irrationnelle et artistique. Pour Jung, le conscient a gouverné l'homme, sans demander la parole à l'inconscient. Il nous faut écouter l'inconscient et dialoguer avec lui pour retrouver un équilibre sain. Et alors, on se pose la question : comment faut-il faire? 2. Point de vue proposé par le Pr. Israël
Le Pr Israël s'est penché sur l'évolution de notre société, à l'occasion de son livre Cerveau droit, cerveau gauche. Cultures et civilisations, et a étudié la place que l'art a actuellement dans la civilisation moderne.
3. Point de vue proposé par Jung Jung propose une solution au mal-être que notre civilisation "civilisée" nous inflige. La recrudescence des suicides est la preuve flagrante que la société impose un mode de vie qui n'est pas adapté à la plupart des gens. Pourquoi? La baisse de la croyance religieuse est pour Jung la raison principale : en prenant exemple sur des civilisations dites primitives qui n'ont (ou n'avaient) pas de troubles psychiques (comme la nôtre), il prouve que l'on a besoin de "croire". La spiritualité est essentielle pour vivre, et, dans une vie, on ne peut pas manquer de se poser des questions métaphysiques, autrement dit, des questions sans réponses (actuellement...). La croyance à une religion permet de transcender toutes ces questions et, particulièrement, celle sur la mort. La religion offre une direction à la vie : de la même façon, quand on marche dans un tunnel où règne l'obscurité, on se sent perdu et le désespoir grandit et il suffit que l'on voit au loin une lumière, pour qu'on la suive, d'un pas assuré, alors qu'on ne voit rien alentour. On pourrait résumer abusivement par cette phrase : l'espoir croît quand on croit. Mais, plus que l'espoir, la religion donne la possibilité à l'homme de se sentir appartenant à une communauté. Et ce besoin peut facilement être exploité par des sectes, par exemple. 4. Solutions possibles et dangers de celles-ci 4.1 Pourquoi de nouvelles recherches spirituelles? Nous venons de le voir, pour "être de nouveau bien dans sa peau", on a besoin aujourd'hui de dialoguer avec notre inconscient et d'utiliser toutes ses fonctions (aux niveaux artistique et spirituel, essentiellement). Ce manque de spiritualité peut se révéler néfaste. Par exemple, on peut facilement imaginer quelqu'un qui est au chômage et qui n'appartient à aucune communauté. Cette personne a été rejetée par la société, et veut donc croire en "quelque chose", pour ne pas sombrer dans une désespérance profonde. A quoi peut-il croire? A des religions "classiques"? Non, parce qu'elles paraissent dépassées (catholicisme,...). Et c'est cela qui a permis le développement des sectes. Mais toutes les nouvelles religions ne sont pas des sectes, et les nouveaux mouvements spirituels dits Nouvel Age sont à analyser différemment. 4.2 Le Nouvel Age (ou New Age) De plus en plus, les gens se tournent vers la philosophie. L'exemple le plus récent est l'ouvrage du norvégien Jostein Gaarder, Le monde de Sophie (voir la revue Le Point du 4 mars 1995). Ce livre est le premier livre philosophique à avoir un tel succès mondial : aussi bien en Allemagne qu'aux Etats-Unis, au Danemark qu'en Italie. Ainsi, on veut croire plus à des idées philosophiques qu'à des religions proprement dites. L'attrait des religions orientales s'est donc développé, et on ne compte plus les personnes qui s'inspirent des concepts tibétains pour leur recherche personnelle, tout en tenant compte des recherches scientifiques actuelles. Et justement, le Nouvel Age, c'est cela : utiliser les conceptions profondément philosophiques des anciennes religions (on se servait alors beaucoup de l'hémisphère droit du cerveau) avec les dernières conceptions des scientifiques (on se sert énormément de notre hémisphère gauche). Ainsi, le Nouvel Age arrive à nous séduire, mais peut-être trop : il y a souvent des sectes qui, par exemple, se disent en accord parfait avec l'esprit tibétain et qui font leur commerce de cette façon. Mais les avantages du Nouvel Age, c'est qu'il permet de se remettre en question, et donc nous n'acceptons alors que ce qui est réellement bon pour chacun de nous. 4.3 Le développement personnel
Les problèmes créés par la société, tels le chômage, incitent les gens à penser qu'ils sont de trop et qu'ils n'ont rien de plus que les autres. Les entreprises, en ne cherchant que des personnes productives ne prennent pas en compte toute la créativité potentielle que tout homme a. Et, comme le dit André Tubeuf dans la revue Le Point (n°1172), l'enseignement a aussi été touché, et on ne cultive plus les qualités essentielles de chacun, qui sont l'apanage de notre hémisphère droit. Alors comment retrouver sa personnalité propre et ses capacités créatives? Les techniques de l'hypnose que l'on vient d'étudier permettent de se ressourcer intérieurement et de se découvrir (ou plutôt, de découvrir notre inconscient). Souvent, en sortant d'une séance de sophrologie, on est étonné des effets positifs que cela engendre. En considérant l'inconscient comme une force à part entière, on peut alors trouver dans les rêves son expression créatrice.
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Conclusion |
Conclusion |
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Nous avons vu l'hypnose et le rêve qui sont deux formes adoptées par l'inconscient pour se révéler à nos yeux, mais on a longtemps voulu ignorer leur réalité. On ne voulait voir dans le rêve qu'un mélange aléatoire de souvenirs, ne servant à rien d'autre qu'à reposer le cerveau. Par les recherches, on a montré qu'il y avait une activité cérébrale importante. Mais alors, pourquoi rêvons-nous? On peut alors concevoir que le cerveau a besoin de rééquilibrer l'utilisation du cerveau droit avec le cerveau gauche, c'est-à-dire retrouver l'équilibre entre l'inconscient et le conscient, trop présent dans la vie de tous les jours. Et, en cette fin de siècle, c'est comme si une ère se terminait : on ne considère plus la science, comme la seule vérité. En voyant la tendance actuelle des gens à se tourner vers des questions philosophiques, on peut prédire sans risque que la spiritualité et la religiosité vont jouer un rôle important dans les années à venir, l'inconscient va reprendre une place plus honorable.
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Bibliographie |
Livres |
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- CHERTOK Léon, Hypnose et suggestion, Paris, Presses Universitaires de France (PUF), 1ère édition, Janvier 1989, 124 pages, Que sais-je?, n°457. |
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Revues |
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- MAILLARD Nicolas, Enquête : "Les rêves. Pourquoi? comment?", Mystères, le magazine de l'émission, n°9, M 6655, Mars 1994, pages 37-45. |
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Remarque Ce mémoire a été réalisé en binôme, pendant l'année scolaire 1994/1995, dans le cadre de l'IUT informatique d'Orsay (2nde année), matière "techniques d'expression". Le thème était libre. |