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Depuis tous temps, le rêve existe mais on ne le considérait qu'en tant que chimère incohérente sans grandes prétentions. Or la croissance de la technologie et les progrès techniques
effectués ont incité à étudier ce mystère, qui pourtant agit sur chaque homme.
Avant les débuts tâtonnant de la science, il y eut Freud qui s'aventura le premier (en 1899) à donner une thèse sur le rêve et l'inconscient. Ensuite Jung, par une approche plus sage et
plus poussée proposa la sienne. Il expliqua les problèmes psychologiques des hommes modernes (en 1960) par le manque de l'inconscient dans leur vie.
En fait, il est vrai, les hommes (les occidentaux) ont abandonnés progressivement les anciennes religions. Mais, durant les 20 dernières année, l'espoir de Jung s'est concrétisé : on
trouve un retour aux forces primitives et mystiques.
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Les rêves commencent à être étudiés scientifiquement et sérieusement : après la seconde guerre mondiale, les expériences faites par les plus grands chercheurs se sont succédées. Ainsi on a pu démontrer que le dormeur pouvait avoir une forte activité cérébrale durant certaines phases du sommeil, alors qu'il avait une activité physique nulle. Ces phases ont été appelées "périodes de sommeil paradoxal en vertu de ses propriétés pour le moins étranges : contrairement au reste de la nuit, on peut voir une excitation de l'électroencéphalogramme placée sur la tête du dormeur ; il y a aussi une expression anglaise pour qualifier cette phase : R.E.M. (Rapid Eyes Movements) car, le corps étant totalement immobilte, les yeux se déplacent très rapidement de droite à gauche.
Le rêve, en fait, se situe dans cette phase. Depuis cette découverte, on essaye de se remémorer les rêves par des méthodes divers et variées. Par exemple, près de la Silicon Valley, en Californie, des chercheurs créent des lunettes spéciales pour "rêver consciemment". Mais de toutes façons, on n'arrive pas encore à élucider la question : "pourquoi rêve-t-on ?"
C'est pourquoi on va se tourner vers les psychanalystes. L'interprétation des rêves par Freud a eu une extraordinaire popularité parce que celui-ci a été le pionnier dans cette voie (au début de ce siècle). Il a ainsi remis au devant de la scène les rêves qui étaient ignorés, car apparemment incompréhensibles et irrationnels. Et justement, Freud fait intervenir l'inconscient pour comprendre les rêves. Il soutient que l'inconscient est le siège des désirs refoulés par la conscience et que "le désir représenté dans le rêve est nécessairement infantile". Pour expliquer l'aspect désordonné et décousu du rêve, Freud croit à une censure du conscient qui force l'inconscient à choisir une apparence moins rationnelle pour son rêve. Dans une première approche, il veut établir des règles d'interprétation des rêves pour essayer de guérir ses malades, tels les névrosés. Ensuite, espère-t-il, on pourra peut-être expliquer mieux le psychisme de l'homme et l'inconscient grâce à ses études.
Globalement, l'interprétation des rêves de Freud se base sur une hypothèse : le rêve doit être considéré comme un ensemble d'éléments indépendants. Ces éléments peuvent ainsi être étudiés séparément et, grâce à des associations, on arrive à décrire les désirs cachés du rêveur.
Mais cette thèse du rêve, bien qu'acceptée au début, n'est plus très convaincante. En effet, restreindre les rêves à de simples désirs inavoués est assez coupable. Jung, ancien disciple de Freud, démontre bien, dans le livre "Essai d'exploration de l'inconscient" ce qui ne peut aller dans le raisonnement de Freud ; et, par des exemples, on voit que de n'importe quelle image, on peut arriver à un désir (par des associations infiniment lointaines).
Les nombreux malades de Jung, considérés comme des cas distincts à part entière, lui ont permis de croire l'inconscient comme une force puissante, complexe et positive. Le rêve, par quoi s'exprime l'inconscient, peut symboliser les défauts du rêveur qui n'en a pas pris conscience ou sert à contrebalancer les défauts et qualités de la vie consciente.
Pour Jung, donc, le conscient et l'inconscient sont deux forces internes de l'homme qui doivent se respecter pour une vie équilibrée : les primitifs vivaient heureux, où l'inconscient trouvait sa place dans les croyances irrationnelles, mais l'homme d'aujourd'hui se plaint de névroses et ne se sent pas bien dans sa peau. Les suicides toujours plus nombreux en cette fin de siècle et l'homme toujours en quête d'évasion prouvent que l'homme manque d'une moitié indispensable : le monde rationnel, tel un tyran, a pris le pouvoir dans la vie des hommes. Et Jung, pour sa conclusion de son dernier livre, veut ainsi montrer aux hommes de quoi ils souffrent. De cela découle une question : "comment résoudre ce problème et rétablir l'équilibre perdu ?"
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Jung propose une solution : il faut que les religions renaissent et que l'on ait la foi en ses croyances. Il accuse celles-ci de n'avoir pas accepté le progrès scientifique : il est dangereux de dresser une barrière entre le conscient et l'inconscient, ces deux puissances doivent régner ensemble.
On a alors oublié les religions et l'espoir d'une vie irrationnelle. Ce qui n'était pas prouvé scientifiquement était exclu irrémédiablement. Surtout en France, on put constater cet esprit cartésien (Jung en fait aussi l'allusion).
Les religions sonr restées fermées aux critiques scientifiques et ont renié cet aspect aujourd'hui indéniable : l'église catholique n'a accepté que des fidèles et ceux qui cherchaient une religion en accord avec les découvertes se sont vu refuser le dialogue.
Pourtant on a besoin d'un espoir qui ne s'éteint jamais car, quand dans la vie on est au plus bas, on peut renaître, en croyant. Cela peut nous paraître peu admissible, voire inacceptable de montrer que l'on n'est pas maître de soi et que l'on a recours, nous, hommes "civilisés", à une force divine comme, jadis, les hommes "primitifs". De ce désir de contrôler le monde naquit des troubles que l'on ne ressent que maintenant.
Les primitifs voyaient leurs dieux dans les puissances de la nature. Ils en avaient peur et la respectaient. A cause de notre désir de devenir, en fait, des dieux (tout contrôler et posséder la Vérité), on a cru pouvoir se passer de la nature et on a utilisé ses ressources sans la respecter. Mais, quand on a vu qu'on avait encore besoin de la nature, on l'a regardée différemment. La déforestation en est l'exemple le plus frappant. Les arbres que l'on abat et que l'on remplace par des immeubles sont une preuve caricaturale de l'obsession rationnelle de l'argent. Or, l'oxygène produit par les arbres est indispensable pour la vie sur Terre.
Cet exemple et tous les autres font prendre conscience de la nécessité de "préserver l'environnement" (comme disent les écologistes). Mais il faut considérer ce retour à la nature avec beaucoup plus d'implications. Ainsi, non seulement on cherche à habiter à la campagne pour y savourer en tranquillité la vie, mais on en vient à reconsidérer des phénomènes inexpliqués scientifiquement, que des primitifs auraient, tout de suite, déifiés. Cela revient en fait à "croire" à quelque chose que l'on ne connaît pas encore, à quelque chose qui serait une partie irrationnelle de l'homme. Les religions "New-Age" se fondent sur ces questions qui n'ont pas eu de réponse par la science. Elle se basent sur toutes les religions du monde, aussi bien occidentales qu'orientales. Elles cherchent en fait les sources communes des religions (contrairement aux sectes, elles demeurent objectives ou, tout au moins, restent ouvertes).
Un autre fait marquant est que, récemment, une émission a vu le jour sur la télévision : "Mystères". Etrangement, malgré l'esprit cartésien des Français, cette émission n'a cessé de progresser : il y a un peu plus d'un mois, le présentateur a déclaré qu'il y avait de plus en plus de spectateurs. Il invoquait comme raison, le besoin de croire à quelque chose d'autre que scientifique. Les faits paranormaux, les expériences du magnétisme et le pouvoir des médiums sont en réalité des croyances cachées mais non moins présentes. Et ce n'est pas un hasard si des médiums qui ne sont plus apparemment des charlatans, font leur apparition dans des émissions de vulgarisation et liées au spectacles...
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Avec la curiosité des chercheurs et des gens, on est sur les traces de l'inconscient. Jung fut un précurseur et ses idées se vérifient même encore aujourd'hui. Ainsi, on n'a pas oublié
que les génies (scientifiques et artistiques) trouvaient des solutions en rêvant : l'inconscient peut apporter à l'homme beaucoup de choses.
Bien sûr, il ne faudrait pas devenir "primitif", mais on peut essayer de rétablir l'équilibre de notre conscient et de notre inconscient. Et peut-être trouverons-nous la "sagesse", pour
nous empêcher de nous corrompre en cherchant avidement la Vérité ? |